
Une fois de plus, les baleines à bosse sont de retour en Polynésie et une fois de plus nous assistons à la triste foire d'empoigne de la nouvelle industrie baleinière.
Une fois de plus, nous constatons qu'un opportunisme économique lié à une réglementation inapplicable et à un manque de formation nous conduit à une impasse.
Alors que la recherche et l'observation des baleines devraient nous apprendre la modestie, la patience et l'humilité, nous assistons à des raids « commando » sur des « baleines garanties », nous faisant entrevoir avec terreur les abîmes de la bêtise humaine.
Un dauphin reste un prédateur, une baleine pèse plusieurs dizaines de tonnes, et des accidents ont lieu dans des zones où le comportement naturel des animaux est profondément modifié par une présence chronique de l’homme : l ’an dernier aux Caraïbes, deux touristes ont fini à l’hôpital après s’être approchés brutalement d’une baleine à bosse et de son jeune.
32 collisions entre des bateaux de whale-watching et des cétacés ont été répertoriées entre 1984 et 2003 (CBI, 2005, chiffres sous-estimés). Le risque est plus élevé lorsque le whale-watching engendre une concurrence entre professionnels qui misent sur la vitesse pour être les premiers sur les spots et augmenter leur nombre de rotations dans la journée. Ces collisions peuvent porter atteinte à l’intégrité des bateaux et à la sécurité des passagers. Elles peuvent aussi blesser les animaux ou les rendre vulnérables.
S'il existe bien une réglementation et qu'elle n'est pas si mauvaise, elle n'est en revanche accompagnée d'aucune campagne d'information, de formation ou de sensibilisation.
Essayez de faire appliquer des limites de distance d'approche... Á moins de mettre un flic armé d'un télémètre sur chaque baleine, ce qui permettrait peut-être de créer des postes de fonctionnaires ou un ministère local de la délation, c'est totalement impossible. Il serait plus simple et efficace de préciser le nombre maximum d'embarcations présentes autour des animaux. En limiter la puissance empêcherait de manière naturelle et économique tout harcèlement. En passant trop rapidement sur les mises à l'eau, demande croissante et légitime du public, nous occultons complètement cette activité et la formation au comportement animal que cela implique. Une labellisation de la profession pourrait permettre de s'y retrouver.
« Le poison est dans la dose » (Paralcèse) : écotourisme et tourisme animalier ne riment pas avec tourisme de masse.
Alain Portal
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