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La dégradation des mers pose de sérieux problèmes pour la survie des cétacés. Nos activités en sont les principales sources : polluants industriels, ruissellements agricoles, eaux usées et déchets domestiques sont tous déversés dans les océans, provoquant pollution visuelle et maladies chez les animaux marins...

Dossiers La Captivité La CBI Les Chasses Le Dauphin Rose Pollutions Sonores D'Hier à Aujourd'hui Les Filets Pollutions Chimiques Sommaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D'Hier à Aujourd'hui

En 1 800 av. J.-C., des peintures rupestres témoignent de la précocité de la chasse aux cétacés. En Scandinavie, des fouilles archéologiques ont mis à jour des restes de fanons et des pointes de harpons taillées dans la pierre qui datent de quelque 2 600 ans avant Jésus Christ. Des centaines d'années plus tôt, des pêcheurs crétois poursuivaient déjà le marsouin. Mille ans avant Jésus Christ, les Phéniciens avaient une industrie baleinière et, vers l'an 1 200 de notre ère, les Basques possédaient une véritable flotte de pêche à la baleine dans la baie de Biscaye. Le Moyen-Âge n'a pas beaucoup de pitié pour les cétacés ; ils sont chassés pour leur chair classée « viande maigre » et mangée au moment du Carême. À la Renaissance, tous les pays européens développent des techniques pour traquer dauphins et marsouins - ils tendent des filets dans l'embouchure des fleuves côtiers et les tuent à l'aide de barques et de harpons. Ces chasses ne mettent aucune espèce en péril. Elles complètent l'approvisionnement des humains en protéines et respectent la ressource. Du XVIIIe siècle au XXe siècle, des flottes de plus en plus puissantes se mettent à traquer les grands cétacés et sont à l'origine d'un carnage dû à l'invention des bateaux à moteur et du canon lance-harpon.

Chasse au Japon

En Mer Noire, après la Seconde Guerre Mondiale, les Soviétiques exploitent trois espèces de cétacés (Tursiops truncatus, Delphinus delphis et Phocoena phocoena) au point de fermer les pêcheries en 1966, faute de matière première. Cette chasse est interdite en 1966 en Union Soviétique, en Bulgarie et en Roumanie, mais seulement en 1983 en Turquie.

Au Japon, baleines et dauphins sont toujours tués à la lance et au couteau ; pas moins de 20 000 odontocètes de toutes espèces périssent chaque année. Dans les années 1960, le pays tuait plus de 20 000 dauphins bleu et blanc par an. Il fallut une intervention de la CBI pour qu'ils n'en capturent plus que 4 800 en 1982. Chaque année, 7 000 dauphins sont massacrés près du Venezuela. Une partie de la viande est vendue sur les marchés locaux, le reste étant transformé en appâts pour la pêche aux requins. En 1980-81, 5 000 dauphins noirsCephalorhynchus eutropia, soit 204 tonnes de viande furent ainsi utilisés illégalement. Les dauphins du Pacifique, eux, sont capturés dans les sennes en compagnie des thons avec lesquels ils chassent et finissent dans des boîtes de conserve. Les filets dérivants sont en usage depuis 1960 et leur taille n'a cessé de croître depuis lors. Des kilomètres de murs sont mouillés dans la soirée et relevés le matin. Même perdus, ces pièges continuent de pêcher car ils sont en nylon ou autres synthétiques imputrescibles. La pollution et l'invasion des côtes et de la mer par les humains et leurs usines sont également mortelles. Les cétacés mangent des proies dans les tissus desquelles nos déchets toxiques se concentrent. Un certain nombre de poissons pêchés dans les eaux de l'Etat de Washington présente des affections pathologiques graves (tumeurs, ulcérations).

Le saumon, principale nourriture de l' orque dans le détroit de Puget, renferme dans ses tissus du mercure, du plomb et de l'arsenic. Un autre danger enfin plane sur les cétacés, leur capture pour peupler zoos et réserves. Ce facteur peut entraîner la raréfaction locale d'une espèce. Ainsi, la population de grands dauphins des côtes de Floride a été menacée par les prélèvements effectués pour approvisionner les parcs aquatiques. Le taux élevé de mortalité et le stress physique et mental dont souffrent les dauphins en captivité sont alarmants.

Les Filets

La surexploitation des océans met en péril de nombreuses espèces marines. Au niveau mondial, plus de 45 % des stocks de poisson exploités ont atteint leur limite de rendement. Sur 77 millions de tonnes de poissons pêchés par an, 27 sont rejetées en haute mer (11 % survivent) et 29 sont transformées en farines pour l'alimentation animale. Les chaluts pélagiques, les sennes tournantes (jusqu'à 1 kilomètre de long et 100 mètres de haut) et les filets dérivants (jusqu'à 60 kilomètres de long et 25 mètres de haut) sont autant de dangers pour les espèces marines. Les pertes dans le Pacifique tropical sont inconnues mais on sait que les pêcheurs installent plus de 50 000 kilomètres de filets en surface. On sait également que, dans les années 1970, jusqu'à 150 000 dauphins étaient tués chaque année. D'autre part, on estime que 5% de la population locale de grands dauphins d'Afrique du Sud périt dans les filets à requins.

Dauphin Commun Echoué

Les Pollutions Chimiques

La dégradation des mers pose de sérieux problèmes pour la survie des cétacés. Nos activités en sont les principales sources : polluants industriels, ruissellements agricoles, eaux usées et déchets domestiques sont tous déversés dans les océans, provoquant pollution visuelle et maladies chez les animaux marins. Les marées noires et pire encore les dégazages sauvages ravagent les milieux marins et empoisonnent des milliers d'espèces. Les déchets nucléaires contaminent le réseau trophique marin. Les sachets plastiques créent des accidents respiratoires chez les cétacés et les tortues ; une fois avalés ils entraînent la mort par obstruction des cloisons ou par suffocation. Les mammifères marins sont très menacés par ces pollutions car ils se trouvent au sommet de la chaîne alimentaire. De ce fait de nombreux composés chimiques se concentrent dans leurs organes et leur chair. La plupart des polluants neutralisent le système immunitaire, rendant les animaux très vulnérables aux infections et provoquant de lourdes épidémies. D'autres contiennent des substances chimiques perturbant la régulation hormonale. (voir à ce sujet  Pollutions)

Les Pollutions Sonores

L'écholocation est indispensable aux cétacés, tout comme les signaux acoustiques qu'ils émettent. Il existe vraisemblablement chez ces animaux un seuil au-delà duquel l'organisme ne s'accommode plus des bruits de l'environnement.

Des troubles peuvent alors apparaître qui pourraient altérer les capacités de survie et le comportement social. Le trafic maritime et les bruits qu'il engendre constituent donc une sérieuse menace. Depuis 1996, la NAVY a mis en place un projet, ATOC (Acoustic Thermometry of Ocean Climate) qui consiste à envoyer régulièrement sous l'eau de violentes ondes sonores pour étudier la transmission acoustique sous-marine en fonction des différentes températures traversées par les sons. Lorsque l'expérience commença au large de la Californie, trois rorquals à bosse furent trouvés morts dans le secteur. Le projet baptisé LFAS a également tué de nombreux cétacés. (voir à ce sujet  Qu'est-ce que le LFAS ?)

Le Tragique Destin du Dauphin Rose

Le delta de la Pearl River est situé entre Hong Kong et Macau. C'est l'habitat principal du dauphin à bosse de l'Indo-Pacifique - Sousa chinensis - qui, pour une raison inconnue peut-être liée à son alimentation, arbore ici une peau rose vif. A la naissance les jeunes sont gris foncé puis leur peau s'éclaircit jusqu'à devenir rose et ponctuée de taches. Ce dauphin peu connu est aussi très menacé, principalement à cause de la dégradation de son environnement. Tout a commencé dans les années 1990 lorsqu'un projet d'aéroport vit le jour à Chek Lap Kok. Ceci réclamait un espace considérable qui empiétait sur le territoire des dauphins. Des fonds sont finalement alloués à la recherche et à la protection de cette population mais ne suffisent pas à lui garantir une survie à long terme. Selon le Dr Lindsay Porter, 128 de ces dauphins fréquenteraient les eaux de Hong Kong (1996); le Dr Thomas Jefferson a estimé à 85 le nombre de dauphins au printemps et à 163 en automne. En comptabilisant la population de Hong Kong et celle du delta de la Pearl River, nous arrivons à 1 054 dauphins (1998). Durant l'hiver 1996-1997 les dauphins quittèrent les eaux du nord de Lantau, probablement à cause de travaux extrêmement bruyants ayant lieu au niveau de l'aéroport.

Sousa chinensis Au moins onze d'entre eux se sont échoués sur les côtes de Hong Kong en 1996, sept en 2002 et quatorze en 2003, ce qui est considérable pour une population aussi réduite. Des millions de tonnes de déchets non traités sont reversés chaque année dans les eaux et menacent gravement la survie des dauphins. Une concentration alarmante de DDT et de PCBs a été retrouvée dans les tissus d'animaux étudiés; les femelles enceintes et leurs jeunes sont particulièrement sensibles à ces produits qui peuvent entraîner la mort du premier-né. L'homme empiète de plus en plus sur son habitat et l'oblige à s'exiler. La surpêche rend encore plus difficile sa recherche de nourriture et le trafic maritime intense finit de nuire à ce cétacé, victime de collisions et de nuisances sonores continuelles.

Les Chasses

En 1989, sous la pression de pêcheurs, une municipalité bretonne avait décidé de tuer une orque qui s'était approchée des côtes. Heureusement, l'animal disparut. Les pêcheurs ont souvent traqué et tué des bandes entières de dauphins. A mi-chemin entre l'Ecosse et l'Islande, les îles Féroé sont le siège d'une exploitation commerciale intensive de globicéphales noirs, Globicephala melas. En été, les animaux passent en grand nombre à proximité des côtes. Dès que les pêcheurs les repèrent, ils mettent à l'eau de petites embarcations pour encercler les dauphins. Ils les repoussent ensuite dans les eaux peu profondes et les harponnent ou les tuent au couteau. Chaque année, entre 400 et 2 000 animaux sont ainsi tués. Cette chasse a maintenant lieu depuis plus de 500 ans. Les mutilations sont atroces et, alors qu'avant les hommes récupéraient les parties comestibles des dauphins, ils les laissent aujourd'hui pourrir sur la grève. Les enfants se baignent dans une eau rougie par les litres de sang déversés. 700 dauphins ont été tués en quelques jours en 1996. Les chasseurs en profitent pour tuer d'autres espèces comme les hypéroodons arctiquesHyperoodon ampullatus et les lagénorhynques à flancs blancs, Lagenorhynchus acutus. Des lances ornées d'un couteau sont encore utilisées alors qu'elles ont été bannies dans les années 1980. La chasse dure parfois plus de dix heures d'affilées - la tête des globicéphales est partiellement tranchée derrière l'évent et une longue hémorragie s'ensuit jusqu'à la mort ; mâles, femelles, jeunes, bébés, aucune distinction n'est faite et tous subiront le même sort. Les cétacés se débattent violemment et poussent de terrifiants hurlements dès les premiers coups de crochet. Certains seront traînés encore vivants sur la rive.

Globicéphale Noir

D'autres peuples tuent des delphinidés dans un but alimentaire. Dans les Caraïbes, les pêcheurs de St Vincent chassent les rorquals à bosse et attrapent les orques, les pseudorques et les globicéphales tropicaux . Aux Philippines, les rorquals à bosse et les grands cachalots sont chassés par tradition ou pour alimenter le marché nippon. Les ravages causés par la pêche industrielle et le dynamitage des récifs n'arrangent rien. L'apparition récente de l'écotourisme offre quelques espoirs.

La chasse à la baleine débute au Néolithique. Avec le temps, l'armement, l'économie mondiale qui s'instaure et l'exportation de produits baleiniers on chasse plus qu'il n'en faut et les baleines sont poussées au seuil de l'extinction.

La CBI (Commission Baleinière Internationale) est créée en 1946 pour réglementer la chasse afin de réapprovisionner les stocks mondiaux de grands cétacés. Elle adopte par la suite une approche plus protectionniste. Des sanctuaires sont créés dans l'Antarctique, dans l'océan Indien, puis dans l'Atlantique sud et en Ligurie mais la plupart sont pillés. Des pays comme le Japon, l'Islande ou la Norvège continuent de chasser en utilisant les failles de la Commission. Le Japon viole les sanctuaires et augmente ses quotas pour des raisons non recevables. Il achète les votes de pays plus pauvres afin d'encourager une reprise de la pêche à échelle commerciale. Il refuse une quelconque protection, accusant les baleines de détruire les stocks de poissons. N'oublions pas que 90% des ressources halieutiques ont disparu ces 50 dernières années à cause de la surpêche effectuée par l'homme. La viande de baleine est hautement contaminée par diverses substances toxiques (dont les PCB et le mercure), sa consommation est donc dangereuse pour la santé et peut avoir des conséquences graves voire irrémédiables, notamment sur le système nerveux. La vie des derniers géants de notre planète ne tient qu'à un fil ! (voir à ce sujet  Chasses)

La Commission Baleinière Internationale

En décembre 1946, à Washington, les délégués de 19 pays créent la C.B.I. qui se réunit pour la première fois en 1949. Les dispositions qu'adoptent la C.B.I. visent quatre objectifs essentiels - protéger les immatures de toutes les espèces afin de garantir l'existence des futurs reproducteurs, limiter « scientifiquement » le nombre d'animaux capturés, créer des réserves intégrales notamment dans les zones de reproduction et enfin prohiber toute prise d'animaux appartenant à une espèce en danger. Toutefois, la C.B.I. étant formée de nations qui chassent la baleine, ce n'est pas la protection des animaux qui a la priorité, mais de durs intérêts économiques. Ce n'est qu'en 1970, lorsque les stocks très réduits ont commencé à menacer la rentabilité commerciale, que la discussion sur la protection des mammifères marins a été sérieusement entamée. En 1982, la Commission a voté par 25 voix contre 7 l'arrêt de la chasse à la baleine à dater de la saison 1985-1986. Ce qui semblait être une grande victoire s'est avéré inutile. La C.B.I. n'a aucun pouvoir pour contraindre les nations à respecter ce moratoire. Toute nation qui fait valoir une objection peut s'exempter elle-même. En dehors des objections, il existe une autre porte de sortie pour les baleiniers insatiables. L'article 8 de la Commission permet d'accorder des permis de chasse pour des « recherches scientifiques ». Seule condition pour ce procédé, la C.B.I. doit en être informée. En effectuant certaines mesures, et en notant le sexe et l'âge des baleines tuées, les pays qui continuent à chasser peuvent déclarer qu'ils fournissent des données scientifiques, alors que la viande est retrouvée sur les marchés. (voir à ce sujet  La CBI)

Grand Dauphin en Bassin

 

La Captivité

Les dauphins sont victimes de leur sourire figé. Ce sourire, loin d'indiquer l'état mental de l'animal, lui porte fréquemment préjudice. Le dauphin sourit toujours, même lorsqu'il est mort. Les responsables des parcs font grand bruit des naissances en captivité afin de montrer qu'il n'est plus utile de prélever des animaux dans la nature. Mais peu de publicité est faite aux morts en série de ces jeunes dauphins. Des centaines de cétacés continuent d'être capturés dans la nature, notamment au Japon, en Russie et aux Iles Salomon.

Du 29 mars au 6 avril 2001, Hardy Jones, le Directeur de l'organisation Blue Voice, a pu visiter plusieurs villages sur la côte du Japon, dont les habitants sont connus pour ces terribles pêches au rabattage. L'enquête révèle à quel point le malaise ressenti par les pêcheurs sous la pression des protestations internationales est important. Les massacres ont désormais lieu la nuit, au large, mais ne s'interrompent pas pour autant.

Il est de mode, aujourd'hui, de nager avec des dauphins captifs. Les programmes de nage avec des dauphins, qu'ils soient « thérapeutes » ou non, les « petting pools », piscines où les visiteurs peuvent toucher et nourrir les cétacés à loisir, engendrent un profit considérable. Les pays les plus demandeurs sont la Corée, le Japon, la Chine, Taiwan, la Thaïlande, Israël, Hong Kong, la Polynésie française, Mexico et les Etats-Unis. Tout ceci nourrit les captures incessantes et barbares ; peu de gens savent que les dauphins avec lesquels ils interagissent ont assisté à la terrible mort de leurs congénères. Sur place, que ce soit à Taiji, Ito, Futo ou Iki, Hardy Jones a pu observer de véritables entrepôts à dauphins, sorte d'enclos grillagés montés à la va-vite dans un recoin discret du port. Les quelques captifs qui marinent dans ces eaux sales sont les survivants d'une précédente tuerie. Retirés de l'eau lors du massacre, jetés dans un camion puis stockés dans ces zones d'attente, ils seront finalement vendus à quelque intermédiaire venu estimer leur valeur. (voir à ce sujet  Captivité)

Dossiers